Greenwashing dans la tech

Face à l’urgence climatique, nombreuses sont les entreprises à promettre des solutions pour accompagner la transition écologique. Cependant, les fausses promesses sur les engagements environnementaux des entreprises ne font plus mouche. Le secteur de la tech est particulièrement pointé du doigt.

Le New Climate Institute et Carbon Market Watch ont publié un rapport sur les engagements écologiques de 24 grandes entreprises, mettant en évidence le greenwashing des géants technologiques.

Dans leur étude, les deux ONG ont évalué la réalité des engagements de ces entreprises, qui représentent plus de 3000 milliards de chiffre d’affaires et génèrent environ 2,2 gigatonnes d’équivalent CO2. L’étude juge ces engagements insuffisants, on peut notamment y lire : « leurs engagements combinés en matière de réduction des émissions sont tout à fait insuffisants pour s’aligner sur une trajectoire de décarbonation compatible avec une augmentation de 1,5 °C de la température terrestre ; les objectifs et les plans de compensation potentiels restent ambigus et l’exclusion de certains périmètres d’émission compromet gravement les objectifs de plusieurs entreprises ».

Engagements trop bas & promesses non tenues

Le numérique apparait comme un levier indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique. Développement de nouvelles énergies, optimisation du recyclage des déchets, décarbonisation de l’industrie, nombreuses sont les solutions pour s’inscrire dans cette transition écologique.

Le New Climate Institute et Carbon Market Watch ont observé que la quasi-totalité des 24 entreprises ont pris des engagements à court terme, à l’horizon 2030. Pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 promises par l’ensemble de ces sociétés, le New Climate Institute préconise une baisse de 43 % des émissions de CO2.

Néanmoins, certaines entreprises telles que Microsoft et Google, sont encore en dessous du seuil de 43%. Malgré les promesses d’investissement à ce sujet, les émissions de gaz à effet de serre d’Amazon n’ont cessé d’augmenter depuis 2020. En effet, la croissance effrénée d’Amazon Web Services (AWS) verrait ses émissions liées à l’électricité augmenter de 20% par an. La firme serait même le principal consommateur d’énergie verte dans le monde. Ses achats en énergie verte servent donc à minimiser artificiellement l’empreinte carbone de ses data centers lui permettant de déclarer une consommation 10 à 20 fois inférieur à la réalité physique. L’entreprise s’engage à baisser de 15% seulement, ses émissions de CO2.

Samsung, de son côté ne propose qu’une diminution de 5 % d’émissions de gaz à effet de serre, un engagement bien trop faible pour l’atteinte des objectifs à long terme de décarbonation.

Des mesures concrètes pour lutter contre le greenwashing en Europe

La Commission européenne a annoncé fin 2022 qu’elle souhaitait mettre un terme au greenwashing. Les critères Environnementaux, Sociétaux et de bonne Gouvernance (ESG) à travers le projet Corporate Sustainable Reporting Directive (CRSD), devrait rentrer en vigueur en 2024.

Le CRSD vise à favoriser la transition vers une économie mondiale durable. Les entreprises concernées (plus de 52000), devront communiquer des informations relatives aux problématiques de durabilité, de changement climatique et évaluer l’impact de leur activité sur l’environnement et la société en général.

Par ailleurs, la Commission Européenne a récemment présenté un ensemble de mesures visant à lutter contre les labels verts et évaluations des émissions de carbones incertains mis en avant par les entreprises. Désormais, ces dernières seront dans l’obligation de fournir des preuves concrètes et « scientifiques » pour justifier les allégations avancées dans leurs campagnes de communication.

Les mesures proposées par la Commission visent à mettre un terme à la pratique du greenwashing en imposant des exigences plus strictes en matière de transparence et de vérification des allégations environnementales des entreprises. Ces mesures visent également à encourager les entreprises à adopter des pratiques écologiques réelles et durables.

Une lueur d’espoir

Le 13 avril 2023, Apple a annoncé son nouvel objectif pour 2025 consistant à utiliser 100% de cobalt (élément métallique naturel) recyclé dans toutes les batteries de ses produits. De plus, l’entreprise s’est engagée à utiliser des éléments de terres rares entièrement recyclés dans les aimants de tous ses appareils d’ici 2025. Enfin, Apple a affirmé que toutes les cartes de circuits imprimés qu’elle conçoit seront équipées d’une soudure à l’étain et d’un placage à l’or tout deux recyclé à 100 %.

L’entreprise se rapproche ainsi de son objectif pour 2030, à savoir, utiliser uniquement des matériaux recyclés et renouvelables dans ses produits, et de les rendre neutre en carbone.

Conclusion

Le greenwashing dans le domaine de la technologie est un sujet préoccupant qui nécessite une action urgente. Bien que des mesures soient en place pour lutter contre cette pratique, il reste beaucoup à faire pour atteindre les objectifs de décarbonation nécessaires pour limiter l’impact du changement climatique. Les entreprises doivent prendre des engagements plus ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de mise en place de pratiques écologiques durables. Les consommateurs ont également un rôle à jouer et peuvent s’engager en faveur de l’environnement en choisissant des produits et des entreprises qui le respectent et correspondent à leurs valeurs.

Relevons tout de même les avancées récentes d’entreprises comme Apple, qui sont un signe encourageant pour l’avenir et incitent d’autres entreprises à suivre cet exemple pour un avenir plus durable.

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